PQF

État d’avancement du site, et pourquoi ce site, finalement… extrait journal de bord PQF8 du 21 juillet 2011 :

Au commencement, une idée presque rigolote ? En panne de sous parce que sans travail, parce que méchamment vidé d’un groupe où je gagnais de quoi faire illusion parmi mes semblables, je recherche une alternative façon PQF.

 

Je veux créer une galerie géante, avec presque rien ou pas grand-chose, le je-ne-sais-quoi qui depuis si longtemps me travaille l’esprit que j’interprète avec mes filtres. Créer cette galerie nomade à circonférence mobile, avec un concept tout neuf de ponctuation. Je veux ponctuer des espaces, commerces, lieux de passage, avec mon ego que j’explose, que j’expose par les miettes et débris noblement adoubés PQF.

 

Et pas simplement décorer, placer mes choses et bidules, non. Pas ça… Vraiment mettre de la virgule, de l’exclamation, quelque interrogation dans coins et recoins d’âmes en balade, et laisser envisager… Qu’on envisage avec 3 points de conclusion. Entre 2 quartiers de viandes ou tête de poisson, 2 sèche-cheveux, entre le picon-bière et la Suze, dans un chiotte ou une salle d’attente d’un naturo, flexo ou ostéo ? Donner de la ponctuation aux textes des vies passantes, ordinaires, qu’ils prennent consistance autrement, poésie alien, une nouvelle saveur dotée de mes épices. Faire réfléchir rêver divaguer, inquiéter rassurer, déplacer un état de vigilance, décaler ou sortir du fil du temps, créer un instant à coté de l’instant, parallèle ou flou. Quantiquement PQF et un peu fou ? Juste cet instant qui réveille ou éveille ?

 

En tout état de cause, proposer autrement autre chose avec de la matière artistique de mon cru.

 

Et puis, l’idée s’est diluée. Manque d’essence ? Difficulté à faire partager aux plus proches ce qui me paraissait lumineux.

 

Avec le site en cours de construction, l’envie me prend de montrer de façon plus complète mon travail a pris le dessus. Lui donner un prix. Un prix ? Réfléchir à cette idée de prix, de valeur d’un travail qui représente bien plus que ça… Une envie de développer et préciser de quoi se fait ma matière d’être, et son esprit PQF. Mieux partager ? Mieux bousculer mélanger triturer un tas de pensées.

 

Depuis, de jour en jour, je m’aperçois ou me confirme le fait, que je crée ce site comme je peins, comme j’écris, comme toujours je procède pour transformer mes pensées claires ou pas, instinctives ou réfléchies, en actes de création, puis en choses et bidules solides. Ces trucs sur lesquels j’essaye aujourd’hui de coller une valeur. Pour qu’un jour, en retour, après m’avoir méchamment perturbé, ils m’aident à vivre mon quotidien ?

 

Je fais ce site petit à petit, par morceau, à tâtons, de façon obsessionnelle. Je me trompe, je gomme, je raye, m’agace ou me surprends. Je déraisonne, et me disperse. Je me perds, ou je cherche à me perdre pour me trouver là où je me sentirais finalement si bien, tellement à mon aise. Nulle part et partout à la fois, là où précisément je ne connaissais pas, mais que d’instinct, je pressentais si fort.

 

Et ce malgré ma détestation de l’outil informatique, de mon peu de compréhension de son langage, mon ignorance technique, je fouille, découvre, m’échine à mettre en place. Apprendre tout avec presque rien. Créer comme la vie crée depuis un temps presque infini, où depuis que le temps existe. Créer à mon niveau d’être, avec mes capacités de tHierry. Et épuiser ma poésie à faire…

 

Me vider de ma vie, pour reformuler mon ego, en libre pâture, comestible, pure énergie.

 

Le site ainsi se transforme peu à peu en chose un rien monstrueuse, chaotique et pas forcément digeste pour les navigateurs en place ? Me voilà comme un facteur Cheval en pleine construction sans fin d’un palais rocambolesque, à l’échelle de son esprit. Je brutalise mon art afin qu'il rentre dans la camisole informatique.

 

Pas un site commun car bricolé, intime, instinctif et maladroit techniquement (là, je manque cruellement d’une aide, ponctuelle et précise). Le résultat me déçoit souvent. Une façon de faire qui me rapproche de mes Têtes de Rien, leurs airs cabossés, infirmes, mais têtes fières, entières… fragiles jusqu’à refléter presque une idée d’humanité. Ou me rapproche de ma peinture et écritures, à ses débuts déjà lointains… Cette naïve approche rend une substance expressive, et qui avec le recul, peut encore me séduire. Et par endroits, même m’étonner jusqu’à parfois franchement m’émotionner…

 

Certaines Têtes de rien, de visages à l’argile incertain, mal séchées, pas cuites et craquelées, se mutent en personnages à part entière, et frôlent presque l’identité comme un ego à la Pinocchio. Maintenant, sur le site encore non hébergé, j’ajoute, je tranche élude et labyrinthe (Mes Culs de Sac en cascade). En apnée dans l’amniotique html, je m’invente un micro-univers pour abriter une idée de ma planète.

 

LA planète PQF.

 

Sans véritable cadre sinon flou et poétique, au contenu improbable avec de la marge, du débordement, des incorrections… donner une profondeur et une altitude hors certitudes de formes. Certainement un truc très flou, mais au calcul précis pour dire la mesure de ce flou de bougé. Un mouvement (PQF ?), un flux, une fuite de moi et de tout. Ma dispersion, ego explosé, dans la création d’une œuvre en équilibre, sur le fil de ma vie, un fil de soi...

trois pointsvirguleempreinte PQF poire